L’exercice social de la psychothérapie en France

Il faut distinguer l’exercice de la psychothérapie en institution et l’exercice libéral.

Dans les institutions pour enfants ou pour adultes (Hôpitaux Psychiatriques actuellement appelés Établissements Spécialisés, IMP, CMP, CHRS, Maisons d’Éducation Spécialisées, etc.) la majeure partie des psychothérapies sont conduites par des psychologues, des infirmiers ou infirmières, des psychomotriciens ou psychomotriciennes, des éducateurs ou éducatrices, des assistantes sociales ou même des aides soignantes. En général, ces psychothérapies sont supervisées par un médecin psychiatre. Il est très difficile pour une personne ne possédant pas un des diplômes requis pour les professions énumérées ci-dessus d’exercer dans ces établissements.

En ce qui concerne l’exercice libéral, une loi a été récemment votée qui réglemente la profession en France. Mais les décrets d’application ne sont pas encore parus. Dans la pratique, quatre groupes de personnes exercent cette profession :

  • Les psychanalystes
  • Les psychiatres
  • Les psychologues
  • Les psychothérapeutes & les psychopraticiens formés à des méthodes spécifiques

L’auteur de ce texte a quelque hésitation à ranger les psychanalystes parmi les psychothérapeutes & les psychopraticiens et ceci pour plusieurs raisons. Tout d’abord, les psychanalystes ne constituent pas un groupe homogène puisqu’ils sont éclatés entre de très nombreux mouvements. D’autre part, beaucoup de psychanalystes estiment qu’une analyse n’est pas la même chose qu’une psychothérapie et ne se rangent donc pas eux-mêmes dans la catégorie des psychothérapeutes & des psychopraticiens. Toutefois, la récente loi sur le statut des psychothérapeutes & des psychopraticiens semble les avoir fait changer d’avis et l’argument ci-dessus évoqué n’a guère plus cours : tout le monde maintenant se veut psychothérapeute & psychopraticiens.

Les psychiatres ont effectué des études médicales suivies d’une spécialisation en psychiatrie. Ce sont les seuls à être habilités à prescrire des médicaments et pour lesquels un remboursement par la Sécurité Sociale peut être envisagé. Cependant les psychiatres ne sont pas préparés à traiter les problèmes psychologiques, puisque ces questions ne sont pas abordées au cours de leurs études. S’il n’est muni que de son savoir médical et s’il désire apporter à ses client une aide psychologique (en plus d’une aide médicale qu’il est le seul à pouvoir donner), un psychiatre ne peut donc compter que sur ses qualités humaines et un apprentissage sur le tas.

Les psychologues ont suivi des cours à l’Université de Psychologie et ont au moins un DESS dans cette discipline. Ils ont acquis un savoir mais ce savoir peut rester abstrait s’il n’est pas soutenu par un travail sur soi. Sans doute mieux armé professionnellement par ses études que le psychiatre pour exercer la psychothérapie, le psychologue doit apprendre à utiliser ses connaissances dans une interaction où sa propre affectivité est obligatoirement engagée.

Nous estimons quant à nous que pour mériter le nom de psychothérapeute, il faut avoir suivi personnellement une longue psychothérapie et avoir été formé à une école spécifique. En effet, nous pensons que le savoir universitaire, dont il n’est pas question de nier la valeur, doit être étayé par un apprentissage expérientiel de ce métier très particulier. En d’autres termes, un psychothérapeute doit non seulement être passé par le processus dans lequel son client s’engage mais il doit aussi, au cours de l’apprentissage de son métier, s’impliquer personnellement dans les techniques qu’il utilisera par la suite.