Compte-rendu de la conférence de Michel Gallet sur la Logothérapie du 29 mars au CAPOP à Paris

Ce compte-rendu a été rédigé par Sonia Mangasaryan.

Le 29 mars 2018 se tenait au CAPOP la conférence de Michel Gallet, gestaltiste formé à la logothérapie.

La salle était pleine d’étudiants en formation à l’Efapo. Nous étions malheureusement que deux « aapoïstes ».

Auparavant,  je ne connaissais pas le sens du mot logothérapie. Bien entendu, c’est une thérapie mais avec l’objectif de stimuler la question du sens en nous. Rassurée par cette belle définition, je pouvais tranquillement écouter la suite…

L’intervenant nous a d’abord résumé la question du sens de la vie chez les philosophes tels que :

  • Schopenhauer pour qui la vie n’a aucun sens donc « à quoi bon » ….
  • Camus pense que l’homme à travers ses valeurs personnelles (courage, révolte, fierté) lutte contre l’absurdité et l’indifférence du monde.
  • Sartre trouve qu’à part l’action qui prend sa source dans une création personnelle et singulière, point de salut.
  • Platon pour qui l’univers est ordonné. Il suffit tout simplement de suivre le monde intelligible, la voie de la sagesse et de la tempérance.

Concernant les religions, heureux sont les croyants qui ont l’avantage de ne pas se poser de question puisque, le sens de la vie leur est dicté par avance.

Les théoriciens de la psyché introduisent la question de la frustration existentielle liée à ce manque de sens qui se manifeste sous forme d’ennui, de gris ou d’apathie.

La névrose existentielle permet l’organisation psychique avec son cortège d’angoisses, de souffrances et de symptômes. Ainsi, en remplissant ce vide, l’homme peut se trouver : dépressif, obsessionnel, clochard, actif, cynique ou soumis.

Le plaisir pour Freud, la puissance pour Adler, viennent compenser le manque cruel du sens de la vie.

Seul Viktor Frankl a théorisé la question du sens dont la source ne peut être que spirituelle et transcendante. En effet, elle émerge de l’espace sacré et libre en nous.

L’homme suit soit :

  • L’Eros en pensant qu’à se servir du monde par hédonisme.
  • Le Pathos en voulant aider les autres par altruisme.
  • L’Ethos révélé et dépassé par l’épreuve. L’homme y arrive en puisant la dignité dans son humanité profonde.

Alors comment faire émerger le sens ? Voici quelques pistes :

  • Faire taire le savoir.
  • Faire le point par rapport à sa vie pour déterminer ce qui la met en mouvement.
  • Faire le point par rapport au passé pour voir ce qui lui a fait sens, ce qui a fonctionné.
  • Se poser des questions de façon solitaire mais aussi accepter le dialogue socratique où questionneur et questionné sont au même niveau pour faire accoucher le vrai sens tout en s’éloignant des croyances (par ex : ma femme me déteste).
  • Accepter les deux temps : d’abord l’auto-focalisation (sur ce qui ne va pas) et la transcendance (quitter les problèmes un moment en détournant l’attention vers le positif afin que quelque chose de spontané puisse se réveiller).
  • Choisir trois personnes admirées. Quelles sont leurs valeurs ? Qu’est- ce que je vois chez l’autre que je ne peux voir en moi ?

En conclusion, pour Viktor Frankl, la vraie culpabilité se ressent au moment de la mort par rapport aux tâches non accomplies.

Les livres proposés par l’intervenant :

  • V. Frankl : Découvrir un sens à sa vie.
  • V. Frankl : Le Dieu inconscient.

En ce qui me concerne,  je ne peux m’empêcher de faire le lien avec notre méthode. D’une part avec la « sensologie » terme employé par Paul Boyesen et d’autre part avec le trépied (sentiment, sensation et sens) sur lequel se déroule en grande partie une séance en analyse psycho-organique.