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Vous êtes ici : Les textes & les publications > Le statut du psychothérapeute Psychologues et psychothérapeutesMartine PapinotJe suis tout à fait d'accord pour donner mon point de vue en tant que psychologue sur l'importance de la psychothérapie en terme d'impact de la qualité de travail dans la prise en charge de patients ou de résidents en institution. La psychopathologie n'appartient pas aux médecins et aux psychologues uniquement. Les psychologues sont formés de façon théorique et d'une fac à l'autre les enseignements ne sont pas les mêmes, très peu de stages sont fait sur le terrain de la psychiatrie, nombre d'étudiants ne trouvent pas de stage; la formation en tant que psychothérapeute basée sur de l'expérientiel pratique et théorique permet de s'approprier de l'intérieur ce que peut être un noyau psychotique, un fonctionnement border, ou reconnaître à l'intérieur de soi une bonne névrose. J'en veux pour preuve le suivi de 4 stagiaires, 3 étudiantes efapo, 1 étudiante licenciée en psychologie, 1 étudiante efapo qui est aussi psychologue. Les étudiantes EFAPO ont un meilleur repérage de la psychopathologie et surtout une meilleure compréhension de comment cela dysfonctionne chez un patient. Un psychologue n'est pas forcément formé à la psychopathologie, même s'il a un DESS il n'a pas toujours étudié la psychopathologie. Outre un savoir théorique c'est la confrontation au terrain qui pour ma part m'a permis de mettre des mots sur psychose, état limite, névrose ou pour parler un langage APO, unaire, duel, ternaire La psychopathologie est quelque chose de complexe, comment repérer un fonctionnement psychotique quand se mêle une organicité! Entre structure et traits de personnalité, l'un peut masquer l'autre. Sans les outils APO je ne pourrais travailler avec des polyhandicapés qui ne disent mot! Etre psychothérapeute, c'est développer une qualité d'être qui permet au psychologue d'être dans une qualité d'écoute tout à fait particulière. Il est évident que nous n'y sommes absolument pas formés à la fac. Ceci dit l'enseignement à la psychopathologie me parait indispensable. Le placardage théorique qui peut hélas parfois être fait par des psychologues non à l'écoute d'eux même et de leurs patients peut conduire à un non sens quant à la situation et donne une image détestable de notre profession. Les dérapages peuvent exister dans toutes les professions certes y compris chez les psychothérapeutes n'ayant pas liquidé leur névrose, mais peut on la liquider totalement, ceci est un autre débat. La différence fondamentale entre les deux professions me parait être dans un savoir faire chez les psychologues, savoir livresque, théorique, outils que sont les tests et les entretiens, alors que le psychothérapeute est dans un savoir être. Je ne voudrais cependant pas nier la qualité de travail qui existe chez certains collègues psychologues, ayant fait une psychothérapie, mais mettre à distance sa problématique pour être à l'écoute de l'autre nécessite d'être passé par une formation à la psychothérapie, cela se travaille et se retravaille et cela demande du temps. En fait si tous les psychologues cliniciens se formaient à la psychothérapie cela serait merveilleux pour moi, cela m'éviterait de "ramasser" à la petite cuillère des clients ayant fait une pseudo-thérapie, cela m'éviterait en institution de devoir rattraper des situations. (Je ne suis pas meilleure clinicienne que les autres, je suis juste dans une qualité d'écoute différente et donc dans un positionnement différent, que savons nous de l'autre, rien sauf ce qu'il veut bien nous en dire.). Aujourd'hui hélas encore, nous voyons des infirmiers non psy faire de la psychothérapie dans les institutions. A nous psychothérapeute d'acquérir aussi un réel savoir faire.et de ne pas nous contenter simplement de la relation. (cela mérite discussion aussi). Psychologue, psychothérapeute, nous sommes dans des professions qui devraient se côtoyer un peu plus au lieu de s'exclure. La problématique du même et du différent se joue ici à travers le fameux noeud borroméen. En conclusion, n'oublions jamais les 3 H. qui font notre profession: Humilité, Honnêteté, Humour
Martine Papinot, Espoey le 19 janvier 2007
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