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Psychothérapeute et citoyenne

Marianne Marro

Installée depuis une année, à Albi, dans le Tarn, je souhaite témoigner de mon expérience. En parallèle de mon activité de psychothérapeute en Analyse Psycho-Organique, que j’exerce en cabinet, je continue de travailler comme coordinatrice Enfance - Jeunesse pour une Association qui propose des activités pour les enfants et adolescents de trois à dix sept ans.

Dans ce cadre, je propose un atelier théâtre aux enfants de classes primaires, qui s’est enrichi progressivement des apports théoriques dont j’ai pu bénéficier pendant les quatre années passées en formation à l’Ecole. Cette Association, qui a toujours eu le souci d’innover et de travailler en partenariat, a proposé, par mon intermédiaire, lors d’une rencontre avec l’ensemble des partenaires (le Secours Populaire Français, le MRAP, les Francas, L’Appel des Cents, le Conseil Général du Tarn, etc…) et à l’occasion de cette journée, la réalisation d’un film sur la résolution non violente des conflits entre enfants. J’ai donc filmé les enfants, dans leurs activités quotidiennes, au Centre de Loisirs, mais aussi pendant les séjours à thèmes (Découverte de la Vallée du Tarn à Vélo et Canoë, Camp Indien) au cours du mois de juillet. Nous pratiquons cette façon de résoudre les conflits depuis cinq ans déjà. Ce film, m’a permis de constater le travail effectué auprès des enfants, tout au long de ces années. J’ai remarqué leurs capacités à intégrer des « savoirs faire » (point 2 du cercle, l’accumulation), des « savoirs être » (point 3 du cercle, l’identité « JE » par le « JEU ») qui permettent des échanges vrais et respectueux (point 4 du cercle, la découverte de l’autre, l’altérité) pour arriver à un compromis. C’est avec l’écriture de ce témoignage que je prends pleinement conscience de l’aspect préventif de la vie en groupe, par le biais du centre de loisirs ou de séjours à thèmes. Après avoir observé les enfants durant ce mois, la confiance que je leur fais, sur le chemin de la résilience n’a fait que s’accroître. Ce film sera présenté lors de la Journée Internationale de la Paix, le 21 septembre 2007, sur le parvis du Conseil Général du Tarn, à Albi. J’ai un projet de débat avec des enfants et leur enseignant, dans une école primaire, suite au visionnement de ce DVD, qui s’intitule « Petits conflits entre amis ».

Dans le cadre de mon cabinet, et profitant de mon expérience professionnelle dans le secteur socio-culturel, je suis allée me présenter au Centre Social du quartier où j’exerce, quartier dit plutôt difficile. Suite à ma présentation, la responsable m’a proposé de réaliser l’observation de l’atelier « Aide aux devoirs » en vue d’apporter un soutien aux bénévoles, retraités de l’enseignement, pour la plupart, afin d’améliorer les conditions relationnelles entre les jeunes fréquentant ce service et eux-mêmes.

J’ai pu aussi, participer, par l’intermédiaire d’une homéopathe, à un « atelier alimentation », organisé par la Caisse Primaire d’Assurance Maladie du Tarn, qui s’adresse à des personnes en surpoids et en difficultés sociales. Une infirmière, une diététicienne et l’homéopathe animent ces rencontres de façon régulière. J’ai abordé, lors d’une séance, ce thème en m’appuyant sur les outils de l’Analyse Psycho-Organique. Des émotions sont apparues. Certains participants ont pu mettre des mots sur leur souffrance au quotidien face à ce problème. J’ai pu constater que la manifestation des émotions, même contenues, est toujours une surprise. Pourtant, c’est bien son expression qui va permettre le déblocage énergétique et faciliter la circulation de cette même énergie dans le corps.

Ces différentes expériences m’ont appris que le « titre » de psychothérapeute n’était pas suffisant. En effet, à chacune de mes présentations, j’ai expliqué consciencieusement ce qu’était l’Analyse Psycho-Organique. Je remarquais que ce n’était pas cela qui les intéressait particulièrement, mais plutôt la façon dont j’abordais les thèmes et ma posture face à ces sujets variés, plus largement ma posture face au « monde ». Aujourd’hui, forte de mon parcours professionnel multiple, enrichi par les apports de l’APO, je me sens tout simplement à ma place comme citoyenne et psychothérapeute au service de la vie et du mouvement perpétuel.