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Vous êtes ici : La psychothérapie > Les questions du public Questions PsyDes questions et des réponses autour de la psychothérapie ?Entreprendre une psychothérapie ne se fait pas à la légère ; il est nécessaire de prendre le temps de se renseigner à fond sur le bien fondé d’une telle démarche. Cette rubrique a précisément pour but de répondre aux questions que vous vous posez. Vous pouvez donc envoyer vos questions par mail à l’adresse suivante : questions.psy@free.fr Il vous sera répondu dans ces pages dans la quinzaine qui suit par des psychothérapeutes analystes psycho-organiques. Ils sont six qui, au-delà de la psychothérapie, ont une longue expérience dans des secteurs variés : médecin, enseignante, éducatrice, psychologue… Ils ont commencé à répertorier les questions qui leur sont souvent posées et y ont répondu. Vous trouverez leurs premières réponses ici. Au fur et à mesure de l’avancée de ce travail et des thèmes que vous souhaiterez voir exposés, d’autres questions-réponses seront ajoutées. Voici les questions que vous avez déjà posées et nos réponses :
************ Je suis en dépression. Est-ce que je peux entreprendre une psychothérapie pour soigner mon mal être ? Faut-il prendre des médicaments ?Beaucoup de personnes croient que psychothérapie et médicaments psychotropes ne doivent pas s’associer. C’est une fausse croyance car au contraire, ils peuvent être complémentaires. Et précisément les neurosciences ont montré qu’il y avait associé à la dépression, des déficits « chimiques » dans nos neurones et que certains médicaments pouvaient aider à rééquilibrer le système bio chimique. Mais chaque personne est singulière et la réponse à cette question est à débattre avec son psychothérapeute et son médecin. Dans le langage courant le mot dépression recouvre des aspects bien différents : s’agit-il d’une déprime, d’une baisse de régime alors que l’on a l’habitude de vivre à 100 à l’heure ? s’agit-il d’une dépression liée à un événement douloureux (deuil, séparation, perte de travail…) ? s’agit-il d’une dépression chronique ou cyclique qui empêche de travailler ou tout simplement de vivre (perte du sommeil, perte de l’appétit, manque de libido, perte de poids ou prise de poids importantes sur le plan somatique et tristesse, agressivité, retrait sur soi, mésestime de soi, idées suicidaires sur le plan psychique) ? Lorsqu’il s’agit d’une baisse de régime passagère, le mot dépression n’est pas vraiment adapté, en fait lorsqu’on travaille trop, il est sain de prendre un peu de temps pour soi et de se reposer La baisse de régime n’est alors qu’une sonnette d’alarme que le corps et la tête mettent en place pour prévenir qu’il est temps de se reposer. Si l’on sait entendre le signal, une psychothérapie ne sera pas nécessaire. Mais si l’état dure et que l’on sent un état dépressif plus profond se mettre en route, il est alors conseillé d’entreprendre une psychothérapie. A travers les séances il sera possible de comprendre les causes de cette suractivité et de trouver un équilibre psychique. En général à ce stade les médicaments de type antidépresseurs et anxiolytiques ne sont pas utiles car ils suppriment l’effet « sonnette d’alarme » et ne font que reporter le problème à plus tard avec des risques de dépressions beaucoup plus graves. De même lorsque arrive un événement perturbateur, il est normal d’avoir une période de dépression. Il est nécessaire de sentir la tristesse d’avoir perdu un être cher et pleurer n’est pas du tout pathologique. Il y a même des événements heureux qui peuvent amener un état dépressif lorsqu’ils modifient profondément des habitudes de vie (mariage, naissance d’un enfant…). Là encore la psychothérapie ne sera nécessaire que si le passage dépressif dure trop longtemps et surtout s’il est invalidant, s’il empêche de travailler, de vivre « normalement ». La plupart du temps, les médicaments ne seront pas nécessaires. Dans le cas de dépression avec des symptômes physiques et psychiques graves, la psychothérapie est alors tout à fait indispensable et peut (ou doit) s’accompagner de la prise de médicaments. Et là cette question se pose de manière cruciale. L’avis et la prescription d’un médecin généraliste ou psychiatre sont indispensables bien sûr. Ce n’est jamais la psychothérapeute qui prescrit le médicament (Jacqueline Besson). ************ Quel est le coût d’une psychothérapie ?Cette question est souvent posée aux psychothérapeutes car il est bien normal avant de s’engager dans un processus de savoir combien cela va coûter ! La réponse n’est pas facile à donner si l’on veut simplement un chiffre car plusieurs variables entre en ligne de compte :
Il est donc important lorsque l’on prend contact avec un psychothérapeute de parler avec luides questions d’argent dès le premier entretien et de fixer avec lui un cadre clair. Le psychothérapeute tiendra compte des difficultés particulières et pas seulement des chiffres bruts pour fixer le montant d’une séance de psychothérapie. Nous conseillons de faire un budget mensuel pour le poste « psychothérapie » en tenant compte du nombre de séances par mois. ************ Comment quitter un groupe de psychothérapie ?Au mois de juin de l’année dernière, j’ai participé à un stage de thérapie psycho-organique en groupe sur un week-end. J’ai été très séduite par cette dynamique et par conséquent je travaille en groupe à raison d’une fois par mois … avec un engagement oral de m’inscrire pour une durée de 1 an. Aujourd’hui… je souhaite quitter le groupe…. J’ai exposé mes motivations au groupe et au thérapeute qui m’a rappelé mon engagement… et par conséquent a refusé mon départ prématuré. Cette réponse m’interpelle et me questionne. Quel est le bien fondé de poursuivre une thérapie sous la contrainte ? Ce qui est le cas actuellement pour moi… ?. Un travail de groupe pour être efficace suppose un cadre sécurisant, à savoir une continuité du travail et l’assurance pour tous les participants de retrouver, en majorité, les mêmes personnes pendant une durée fixée. C’est pourquoi le psychothérapeute pose quelques règles de fonctionnement pour assurer une sécurité au groupe. Il est toujours nécessaire de parler avec un groupe de thérapie avant de partir, d’expliquer à chaque participant et au psychothérapeute les motifs mais aussi les sentiments que vous ressentez dans l’instant de la séparation, du départ. Ceci dit, sur le plan juridique vous n’avez aucune obligation puisque vous n’avez rien signé ; vous êtes donc libre de partir du groupe quand vous le voulez ! Rassurée sur ce point, il n’en reste pas moins qu’il peut être intéressant pour vous de vous poser des questions concernant votre désir de quitter ce groupe. Votre questionnement peut se poser entre liberté et engagement, deux pôles qui sont souvent perçus comme opposés mais qui ne le sont peut-être pas autant que l’on croit même s’il est vrai qu’il n’est pas toujours facile de naviguer entre ces deux écueils. Voici quelques questions que vous pouvez vous poser : Est-ce que j’ai vraiment envie de quitter ce groupe ? Est-ce je pars pour fuir quelqu’un du groupe ? Est-ce que je suis mal à l’aise avec certaines personnes du groupe ? Est-ce que je rejoue une situation habituelle ? Est-ce qu’au contraire c’est pour moi une chose tout à fait inhabituelle de ne pas aller jusqu’au bout d’un engagement ? Est-ce que je me suis déjà vraiment engagée dans ma vie? Comment ai-je fait quand je me suis retirée d’un engagement amoureux, familial, conjugal, professionnel ? Y avait-il chez mes parents des paroles autour de ces thèmes qui me marquent aujourd’hui ? Et puis aussi : Est-ce que j’ai peur des séparations, d’être abandonnée ? Certaines réponses à ces questions vous permettront de mieux comprendre ce qui se joue pour vous dans cette envie de quitter un groupe. Peut-être pourrez-vous même décider librement de continuer. Mais quelle que soit votre décision, sentez que c’est la vôtre et que vous la prenez sans demander d’autorisation. ************ Voici la situation qui me tourmente :Il y a quelques jours notre enfant de treize ans nous regardait, moi et sa maman, faire l'amour, la porte de la chambre à coucher était entrouverte ; nous n'avons pas fait attention. Je suis sorti après pour le voir endormi… Premièrement je ne lui ai rien dit car j’ai pensé que le fait de lui en parler pourrait poser problème en ce sens qu'il pourrait être amené à se culpabiliser et à associer ce qu'il vu à un interdit et vous n'êtes pas sans savoir que dans la plupart des sociétés traditionnelles on associe sexualité et péché. Cependant quelques temps plus tard, étant tous les deux au bain maure, et ça tombait bien car le cadre allait bien avec l'idée de purification, nous avons discuté ensemble d'abord du sida. Puis je lui ai expliqué que la sexualité est un comportement naturel et que devenant adulte il aura le temps de choisir la femme qu'il aime. J’ai ajouté que j'aimais sa maman et je l'aimerais toujours. Nous sommes musulmans ouverts sur les autres cultures et tolérants et j'ai toujours élevés mes enfants en leur inculquant les grands principes humains d'égalité et de liberté, de respect des autres, des différences. Ceci dans le but d'avoir une vision claire et limpide de la vie et surtout une existence heureuse… Faire l’éducation sexuelle d’un jeune adolescent est effectivement une question délicate qui demande beaucoup de tact et de respect de la part des parents. Vous semblez très préoccupé pour donner la meilleure éducation possible à votre fils et il nous semble que vous avez trouvé une réponse personnelle adéquate à une situation difficile. Nous voudrions tout d’abord vous rassurer : votre fils a profité de l’ouverture -certes malencontreuse- de votre porte pour regarder ce qui se passe dans la chambre des parents, mais il n’y a dans son attitude rien d’alarmant car il est normal qu’un enfant soit curieux et s’intéresse, surtout à son âge, à la sexualité. Bien sûr il eût mieux valu que votre porte soit bien fermée car la vision directe de ses parents faisant l’amour est trop crue pour lui. Souvent l’enfant n’y voit que violence contre sa mère et ressent du dégoût pour l’acte sexuel. Vous en êtes tout à fait conscient et vous lui avez parlé dans un moment propice (aux bains) pour réparer ce que l’événement pouvait avoir de choquant pour lui. Votre attitude et vos paroles dans l’après-coup sont tout à fait justes. Cependant, nous pourrions craindre, comme nous le disons plus haut, qu’il ait perçu, dans l’acte d’amour, une violence faite à sa mère et que cela l’amène, par un mouvement d’identification virile à son père, à mépriser les femmes. Or, il est très important que votre fils garde du respect pour sa mère et plus généralement pour les femmes. Pour cela il faut qu’il ressente le respect et l’amour que vous portez à votre épouse. Vous avez donc eu raison de lui signifier que vous aimiez votre femme. Peut-être pourrait-il aussi entendre que sa mère vous aime ? Il est aussi important que votre femme puisse assumer sans culpabilité qu’elle a une vie sexuelle avec vous, son mari. Pour aller un peu plus loin dans le dialogue avec votre fils. Vous pourriez non seulement lui parler mais aussi à l’écouter (vous ne dites pas comment il a réagi quand vous lui avez parlé aux bains) s’il peut ou veut s’exprimer. Certes ce n’est pas très facile pour un jeune adolescent de parler de ces choses avec ses parents car il a aussi ses pudeurs et a droit à la protection de son intimité et de son jardin secret. Mais s’il peut formuler, même maladroitement quelques questions, vous pourrez continuer le dialogue avec lui. De plus ses paroles vous éclaireront, directement ou indirectement, sur la manière dont il a vécu l’événement, sur la manière dont ses camarades de classe parlent de la sexualité, etc…Vous pourrez d’autant mieux lui répondre. ************ Si j'ai bien compris, le CEP valide une formation de psychothérapeute analyste psycho-organique? Comment se fait-il que l'annuaire du site de l' AAPO fasse apparaître les noms de praticiens non titulaires de ce CEP? Quelle formation a été la leur, comment leurs compétences sont-elles attestées, par qui ? En clair, peut-on les consulter en toute confiance ? D'avance, merci de votre réponse. Pour répondre à votre question, il faut tout d’abord distinguer deux niveaux de reconnaissance : d’une part la reconnaissance d’un professionnel exerçant le métier de psychothérapeute et d’autre part la reconnaissance d’un professionnel exerçant une méthode particulière en l’occurrence l’analyse psycho-organique. En effet, le métier de psychothérapeute peut se pratiquer de manière diverse. Selon les difficultés rencontrées par les usagers et leurs attentes particulières il est parfois plus intéressant d’utiliser une technique thérapeutique plutôt qu’une autre. Ensuite, il faut faire un peu d’histoire sur la reconnaissance d’un métier qui s’est mis en place de manière exponentielle dans la deuxième moitié du XX ème siècle. Pendant des années aucun cadre légal n’a réglementé ni l’exercice, ni le titre de psychothérapeute. Tout un chacun pouvait se prétendre psychothérapeute. De fait, le métier de psychothérapeute n’est pas encore réglementé en France. Bien qu’une loi vienne d’être votée (le 24 juin 2009) pour réglementer enfin le titre de psychothérapeute, les décrets qui permettront d’appliquer concrètement la loi ne sont pas encore parus ! Cependant, les associations professionnelles, dès les années 80, ont essayé de pallier à ce vide juridique en définissant des critères pour donner aux usagers de la psychothérapie des garanties sur la qualité des praticiens qui adhéraient à leurs associations. Une des premières à l’avoir fait est le SNPPsy (Syndicat national des praticiens en psychothérapie) qui regroupaient des psychothérapeutes utilisant des méthodes diverses. Une commission ad hoc recevait les membres qui en faisaient la demande et qui répondaient aux critères définis par le SNPPsy. La titularisation donnait donc l’assurance que le praticien était compétent. Parallèlement, des associations professionnelles qui regroupaient des praticiens d’une même méthode ont élaboré des critères pour reconnaître leurs membres. L’analyse psycho-organique, dès 1984, a elle aussi mis en place une commission de titularisation qui garantissait d’une part que le praticien était bien compétent pour exercer la psychothérapie mais aussi qu’il utilisait l’analyse psycho-organique comme méthode principale dans sa pratique. Ce n’est qu’en 1995 que la FF2P (la Fédération Française de Psychothérapie et Psychanalyse) a introduit le CEP en France qui venait d’être mis en place par l’EAP (Association européenne de psychothérapie). Au départ, il n’y avait pas vraiment double titularisation puisque les premiers CEP étaient attribués à d’anciens psychothérapeutes très expérimentés. En effet le CEP était attribué, sur simple demande, aux membres déjà titularisés par leurs associations professionnelles. Mais depuis 2000, ce sont les écoles reconnues par l’EAP qui donnent le feu vert pour l’attribution du CEP. Cela veut dire que nous nous trouvons devant deux types de titularisation : celle du CEP qui valide maintenant une formation adéquate et celle provenant d’une association qui garantit la qualité d’une pratique. Actuellement les candidats ont le choix de passer devant deux commissions : celle de leur école et celle de leur association professionnelle. Ils peuvent aussi ne choisir que l’une d’entre elles. Il se peut donc que certaines psychothérapeutes de notre méthode, n’aient pas fait la démarche pour obtenir le CEP. Cela explique votre surprise en voyant des membres de l’AAPO qui n’ont pas de CEP. Concrètement, vous pouvez avoir l’assurance que les personnes qui figurent dans l’annuaire de l’AAPO ont toutes suivi une psychothérapie personnelle et une formation complète à l’EFAPO (Ecole Française d’Analyse Psycho-Organique), qu’elles sont régulièrement supervisées et qu’elles se sont engagées à respecter le code de déontologie de l’AAPO. Certaines sont « en cours de certificat finale » cela veut dire que ce sont des psychothérapeutes qui exercent depuis peu d’années et qu’elles doivent présenter un mémoire écrit dans les deux années qui viennent au plus tard mais elles ont déjà toutes les compétences pour suivre des patients. Celles qui sont « titulaires » ont passé devant une commission garantissant une maturité dans la pratique de l’Analyse Psycho-Organique. Elles exercent depuis de nombreuses années. Enfin les « superviseurs » sont des analystes psycho-organiques anciens qui supervisent leurs collègues plus jeunes. Vous pouvez donc aller avec confiance vers les psychothérapeutes figurant sur l’annuaire de l’AAPO ; ils sont compétents et utilisent l’analyse psycho-organique dans leur travail. C’est le gage d’une psychothérapie en profondeur. ************ Traumatisme de naissanceJe viens de découvrir un article dans une revue (…) qui évoque les conditions de naissance qui peuvent avoir un lien avec des symptômes. Je suis née il y a 43 ans avec le cordon autour du cou et ma maman m'a dit que j'étais toute violette et déjà avec les odeurs de la mort. Les équipes médicales n'ont pas eu besoin de me réanimer. (…) Je pense avoir pris conscience (…) que ce syndrome viendrait de ma naissance, de mon tout début... de mon combat pour respirer et vivre. Je ne supporte pas l'obscurité et imagine que la mort la plus terrible pour moi serait de mourir étouffée. Pouvez vous m'informer de vos programmes ou entretiens possibles pour m'aider à me guérir de mes angoisses liées (maintenant j'en suis sûre) aux conditions de ma naissance! Vous avez certainement raison de lier vos angoisses à ce traumatisme de naissance. Les psychothérapeutes corporels savent bien comment, grâce à des engrammages archaïques, nous gardons en nous des événements positifs ou négatifs que nous avons vécus avant que toute parole soit possible. Le travail psycho corporel permet précisément de retrouver les émotions qui sont liées à ces situations, notamment lorsqu’elles ont été dramatiques. Il s’agit de retrouver les sensations passées pour pouvoir constater le trauma puis, et c’est très important, d’en faire un nouveau choix d’expérience. C’est une des clés de la psychothérapie. Mais ce n’est pas un travail qui se fait en un jour (souvent plusieurs mois, voire davantage) et il s’accompagne d’une intégration exigeant des paroles. Dans votre cas, il s’agirait, d’abord, de ressentir les émotions et sensations que vous avez vécues lors de votre naissance (peur, étouffement …) mais aussi votre force de vie puisque vous êtes sortie vivante de l’aventure ! Ensuite faire un nouveau choix d’expérience qui vous appartient entièrement et qui ne peut venir que de votre profondeur. Il faut ajouter que dans tout événement important de la vie, dont bien sûr la naissance, la famille, principalement la mère, en fait un récit qui devient, au fil des ans, mythique. Cela n’a rien à voir avec un mensonge, bien au contraire, ces récits sont nécessaires pour que l’enfant forge son histoire. Il y a donc aussi une dimension symbolique qui est à prendre en compte dans votre histoire. Enfin notre expérience de psychothérapeute nous a appris que ce n’est jamais un seul événement qui peut donner la solution unique d’une problématique. Aussi une psychothérapie en profondeur telle que le propose l’analyse psycho-organique est toute indiquée pour vous. Concrètement, nous vous conseillons de choisir dans l’annuaire des psychothérapeutes (il est sur le site de l’AAPO) l’un de ceux qui exercent près de chez vous. Voyez avec lui (ou elle) comment vous pouvez travailler votre problématique car vous aurez des choix à faire. Vous assumerez votre liberté dans ce parcours en vous montrant active. Un travail en psychothérapie individuelle peut être une bonne manière de commencer une psychothérapie pour qu’elle puisse se faire en douceur. Notez qu’il existe des groupes de psychothérapie en analyse psycho-organique qui travaillent précisément sur la naissance en insistant sur la réparation « organique » et sur une représentation nouvelle de l’événement. Peut-être votre analyste psycho-organique pourra vous le proposer s’il le juge bon pour vous. Enfin, il existe des méthodes psychothérapeutiques qui travaillent directement sur l’événement traumatique (comme l’EMDR ou l’hypnose ériksonienne…) et qui peuvent être parfois une aide précieuse. Là aussi une bonne discussion avec votre psychothérapeute sera une indication pour faire votre choix. ************ Plusieurs personnes nous demandent des renseignements sur le métier de psychothérapeute et la manière de se former à cette profession. Voici ce que nous pouvons en dire de manière générale.Deux types d’exigences sont à prendre en compte pour décider de se former au métier de psychothérapeute. L’un est lié à la réglementation officielle de la profession qui se met en place en France, l’autre est régi par les associations professionnelles qui ont définies des critères pour la formation à la psychothérapie depuis de nombreuses années. Concernant la réglementation par l’Etat : une loi a été votée très récemment (le 24 juin 2009) qui exige que pour porter le titre de psychothérapeute il faut avoir un doctorat en médecine ou un master 2 en psychologie. Le titre serait aussi accessible, sous certaines conditions, aux membres des instituts psychanalytiques et aux psychothérapeutes exerçant au moins depuis 5 ans. Les décrets ne sont pas encore parus, aussi il reste des incertitudes sur l’application de cette loi mais ce qui est sûr c’est que, si l’on démarre sa formation maintenant, il est prudent de commencer un cursus universitaire en psychologie. Concernant les critères définis par les associations professionnelles, ils sont d’un autre ordre mais dans la pratique ils s’ajoutent au niveau universitaire car ils sont indispensables pour être vraiment compétents dans l’exercice de la profession. De ce point de vue, il est nécessaire d’avoir suivi régulièrement un cursus psychothérapeutique pendant au moins deux ans avant d’entrer dans une école de formation spécifique à la psychothérapie. Il y a plusieurs écoles car il existe de nombreuses méthodes en psychothérapie reconnues par les associations nationales qui fédèrent les différentes écoles (FF2P, SNPPsy, AFFOP…). Ces instituts sont des écoles privées, la scolarité est donc payante. L’EFAPO forme à l’analyse psycho-organique (voir le site www.efapo.fr pour plus de renseignements). En général, l’enseignement dure quatre ans en week-ends et lors de stages d’été et peut donc se poursuivre en même temps que la formation universitaire. Un dernier point est en prendre en compte, à savoir le nombre actuellement croissant de psychothérapeutes qui exercent en France. Certes les médecins généralistes envoient beaucoup de leurs patients à des psychothérapeutes lorsqu’ils voient que certains symptômes sont d’ordre psychologique ; cela rend la psychothérapie de plus en plus populaire mais dans certaines régions de France il y a trop de psychothérapeutes. En conséquence, l’installation de nouveaux praticiens est difficile. Il est donc prudent de se renseigner pour savoir si dans la ville ou la région où l’on pense exercer le métier de psychothérapeute, il y a encore des débouchés possibles. Á noter que les associations professionnelles recommandent que le travail du psychothérapeute soit supervisé tout au long de sa carrière par des collègues plus anciens. Devenir psychothérapeute est un parcours exigeant mais aussi passionnant. ************ Peut-on offrir un présent comme des chocolats à son psychothérapeute. Sans raison juste pour le remercier de sa présence, de son soutien. Peut-il refuser ce geste ? Si ce refus est mal pris par le patient doit il continuer dans cette voie ? Qu'en dit le code de déontologie ?La relation psychothérapeutique est une relation très particulière, elle implique souvent des sentiments très forts et authentiques du thérapisant (comme du psychothérapeute) pourtant elle ne doit pas s’inscrire dans une relation socialisée afin de laisser le plus d’espace possible au monde psychique du thérapisant. Quelle place peut donc avoir un cadeau dans une telle relation ? Certains psychothérapeutes pensent que le cadeau n’y a pas sa place puisqu’il s’inscrit dans le réel. Il se pourrait donc que votre psychothérapeute refuse votre cadeau pour de telles raisons. Si c’est le cas, il est alors indispensable qu’il vous explique son refus et que vous puissiez lui dire vos sentiments (colère, tristesse, déception, affection…). Mais de nombreux psychothérapeutes acceptent un cadeau (pourvu qu’il ne soit ni trop cher ni trop intime). La capacité de donner et de recevoir est en effet une question fondamentale dans l’existence. Nos parents nous ont donné la vie, sommes-nous capables de la recevoir vraiment ? Cette question fait donc partie intégrante de l’existence et par conséquent de la psychothérapie. Si un client fait un cadeau, le psychothérapeute qui le reçoit donne un espace dans la séance à son client afin qu’il puisse dire ses sentiments, son intention et donner ainsi un sens au cadeau qu’il fait. Il arrive très souvent qu’un travail thérapeutique important s’enclenche à cette occasion sur plusieurs séances. Aussi accepter le cadeau devient une occasion de travailler thérapeutiquement toute une série de questions qui tournent autour du cadeau (les fêtes de Noël, les cadeaux mal venus, la gratitude, dire merci, les cadeaux dans l’enfance…). Mais ce n’est pas seulement une opportunité pour travailler un thème dans la thérapie, c’est beaucoup plus puisqu’il y a un acte dans le réel : le psychothérapeute se retrouve bel et bien avec un objet, des fleurs ou des chocolats dans les mains. Le psychothérapeute doit absolument reconnaître la composante tout simplement humaine du cadeau. Sinon le client n’est pas pleinement reconnu dans son geste. Pour finir disons que du point de vue du code de déontologie, le psychothérapeute ne doit jamais abuser des sentiments positifs de son client envers lui. Cela veut dire que le cadeau doit être modeste. ************ Comment expliquez-vous l'homosexualité ?La question de l’homosexualité est complexe : elle met en lien les niveaux psychiques, physiques de l’individu et s’inscrit aussi dans une perspective historique et sociale. Elle suscite encore de nos jours des mouvements émotionnels violents de rejet ou de défense. Il y a encore une vingtaine d’années l’homosexualité était considérée comme une pathologie mentale et on la trouvait décrite dans un manuel de diagnostic des troubles psychiatriques couramment utilisé dans le monde de la psychiatrie (DSM3). De nos jours l’homosexualité n’est plus considérée généralement comme une maladie par les milieux psy mais plutôt comme une orientation sexuelle voire un choix de vie. Se pose alors la question que vous nous avez soumise : comment expliquez l’homosexualité ? Les psychothérapeutes n’ont pas une réponse unique et ne sont pas toujours d’accord entre eux. Disons pour aller vite que pour certains l’homosexualité a une cause purement organique, donc essentiellement innée mais pour la plupart, sans nécessairement nier l’influence biologique, les causes semblent être plurielles et sont à chercher dans la construction de la personnalité dès le plus jeune âge. Des moments-clés où l’enfant aurait pu s’identifier au parent de même sexe auraient été manqués. Des abus sexuels commis sur un enfant ou un adolescent par un adulte de même sexe provoqueraient des attirances sexuelles difficiles à changer. Des mères ayant trop désiré leurs fils créeraient des homosexuels. Des pères trop autoritaires ou/et trop absents feraient de même. Une passion à une figure valorisée au moment de l’adolescence en serait la cause ou encore une identification au couple parental homosexuel…. On a énoncé ainsi différentes causes plus ou moins plausibles. Mais ces réponses, d’ordre essentiellement psychanalytique, ont souvent pour inconvénient de redonner à l’homosexualité un statut de déviance mentale alors que la plupart des homosexuels hommes ou femmes n’ont ni plus ni moins de problèmes que les hétérosexuels. Aussi actuellement les psychothérapeutes ne cherchent pas la cause de l’homosexualité de leurs clients mais cherchent comment ils peuvent aider leurs clients à vivre le choix qu’ils font du partenaire amoureux. Car, c’est là que la psychothérapie peut avoir un effet bénéfique important, il s’agit pour la personne qui se découvre homosexuelle d’affronter la société qui est souvent rejetante. Dans un premier temps, la personne a un long travail à faire pour accepter sa différence et l’assumer. Ensuite elle doit généralement affronter ses parents et leur dire la vérité. Les parents sont souvent choqués d’avoir un fils ou une fille homosexuels. Ils ont besoin d’un certain temps pour accepter l’idée puis accepter de rencontrer le partenaire homosexuel. Il leur est difficile de faire le deuil d’avoir des petits enfants de leurs propres enfants. Car même s’ils sont tolérants avec les homosexuels en général, il leur est douloureux d’admettre que cela arrive à leurs enfants. Enfin, il y a aussi la société plus large notamment celle du monde professionnel qui n’est pas toujours bien disposée à l’égard des homosexuels. Là aussi un travail psychothérapeutique est souvent nécessaire pour que la personne puisse révéler ses tendances amoureuses ou décider de les cacher si le risque est trop grand (il y a encore des pays où il est dangereux pour sa vie de montrer son homosexualité !). En France et dans le monde occidental, le regard posé sur l’homosexualité est en train de changer profondément et va sûrement atténuer les difficultés rencontrées par les homosexuels mais il restera pour chaque homme et chaque femme homosexuel(le), hétérosexuel(el) ou bisexuel(le) à assumer pleinement ses choix de vie amoureuse. |