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Questions Psy

Comment continuer une psychothérapie ? Quelle méthode choisir ?

Après une longue après-midi à me promener sur votre site, je viens vous poser la question suivante :
J’ai 48 ans, je suis en psychothérapie depuis deux ans, j’ai mis le doigt sur le traumatisme de ma naissance, mise en couveuse non expliquée et non justifiée pendant un mois sans contact de ma mère, mère et père avec lourd passé familial.
J’hésite entre me diriger vers l’Emdr ou l’APO ?
Je suis en dépression presque permanente et ma vie devient un enfer, je n’avance plus.
Merci de votre réponse.

Votre psychothérapie, bien entamée depuis deux ans, vous a permis d’identifier plusieurs traumatismes dans votre vie. Le trauma, dû à un mois de vie dans une couveuse, sans contact avec votre mère, est évidemment particulièrement grave ; que vous en preniez conscience était évidemment fondamental pour avancer dans votre processus thérapeutique.

Il y a une première question à vous poser : pourquoi voulez-vous changer de psychothérapeute ? C’est une décision importante car changer de thérapeute n’est parfois qu’une manière d’éviter d’affronter des réalités embêtantes, c’est-à-dire « un mécanisme de défense » pour ne rien bouger.

Si vous concluez, après vous êtes posé cette question (avec votre thérapeute si possible) que vous devez trouver une voie différente pour booster votre thérapie, alors voici ce que nous pouvons dire.

Pour un bébé, même si sa mère n’a aucune responsabilité, dans sa mise en couveuse, l’acte est ressenti comme une séparation, une coupure, un abandon. L’enfant puis l’adulte n’a plus de sécurité ontologique (sécurité basique). C’est donc cette sécurité fondamentale qui est à trouver dans le processus thérapeutique. Pour cela le travail organique (en utilisant, entre autres, le toucher) tel que le propose les analystes psycho-organiques, permet de créer cette enveloppe sécurisante et vivante ! Le lien de confiance avec votre thérapeute est le point fondamental et permet une thérapie au long cours.

L’Emdr propose aussi un travail organique, assez différent, plus mécanique, plus ponctuel, qui permet de « désensibiliser » les événements traumatiques, notamment les peurs récurrentes. L’Emdr n’efface pas les mauvais souvenirs mais leur enlève leur puissance émotionnelle. C’est sur ce point qu’il faut être vigilant car nous avons besoin de notre ressenti, de nos sentiments, pour faire avancer une thérapie. Les élaborations verbales ne suffisent pas si elles ne sont pas soutenues par nos émotions ! Nous pensons donc (mais nous ne sommes pas des spécialistes de l’Emdr) qu’il ne faut pas travailler trop vite avec l’Emdr et surtout l’insérer dans un processus thérapeutique au bon moment.

Nous vous conseillons donc d’en parler avec votre psychothérapeute puis, en prenant le temps, de prendre la décision qui vous paraît la plus juste et d’aller là où votre désir vous pousse.

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